samedi 6 août 2016

LE NU ARTISTIQUE : DU CORPS DE PIERRE AU CORPS IMAGINAIRE...


Les arts visuels montrent la nudité humaine depuis des temps immémoriaux.  Dans les Balkans, dans un passé récent, on a retrouvé des figurines de personnages nus remontant à 7 000 ans avant Jésus-Christ.  Dans les anciennes civilisations de Babylone, d'Égypte, de l'Inde, de la Grèce, et du Japon, les sculptures représentaient les dieux et les déesses sans le moindre vêtement.  Il est vrai que dans la plupart de ces régions, le climat était chaud, et que les gens ordinaires étaient souvent nues, ou presque nues, pour vaquer à leurs activités quotidiennes.  La nudité n'était pas quelque chose d'anormal ou de choquant.


Après les Grecs anciens (Aphrodite de Cnide, par Praxitèle, photo ci-dessus), la nudité a été exclue des représentations artistiques jusqu'à la période de la Renaissance.  Ce long hiatus, surtout au Moyen Âge, est attribuable à la chrétienté, doctrine pour qui la nudité est synonyme de honte, de péché et de faiblesse.  Et même lorsqu'elle réapparaîtra au XVe siècle, on sculptera et on dessinera encore la nudité à travers des personnages anciens, comme Vénus (Vénus endormie, par Giorgione, photo ci-dessus), issus de la mythologie grecque ou romaine.  Il faudra attendre Michel-Ange, et ses oeuvres géniales dans la Chapelle Sixtine, pour que la nudité soit réhabilitée comme "art religieux".


Mais ce n'est pas avant Édouard Manet (Déjeuner sur l'herbe, 1863, photo ci-dessus) que l'on pourra admirer des nus autres que les divinités antiques.

À la fin du XIXe siècle, l'invention de la photographie relancera l'art du nu.  Le célèbre peintre Eugène Delacroix s'inspirera, entre autres, de ce nouveau médium.

Au siècle suivant, la peinture abstraite renouvellera la façon de dessiner les corps nus.  Picasso (Demoiselles d'Avignon), par exemple, ajoutera une grande part d'imaginaire pour peindre des nus comme on en avait jamais vus.


Dans notre période contemporaine, beaucoup d'artistes trouvent le nu démodé.  Mais certains peintres comme Cecily Brown (photo ci-dessus) ont réussi des tableaux remarquables sur ce thème délaissé. 

Le nu semble avoir migré vers nos écrans de télé, mais il a aussi pris une tournure inattendue en retournant à ses origines !  Avec la mode actuelle des tatouages et de l'art corporel (body painting), on rejoint, en quelque sorte, le même principe que les tribus primitives d'Afrique qui se peignaient le corps avec certaines marques pour se distinguer les unes des autres et marquer leur appartenance à tel ou tel clan.  Les Amérindiens se servaient également de la peinture corporelle pour signifier leurs intentions ou leurs états d'âme, par exemple, avec leurs peintures de guerre sur le corps et le visage.


Pourquoi les gens se tatouent aujourd'hui, si ce n'est pour les mêmes raisons : marquer leur originalité, se distinguer des autres ou, au contraire, s'identifier à un groupe, afficher leurs intérêts, symboliser ce qui leur tient à coeur, ou ce qu'elles sont intrinsèquement.

Véritable révolution, autrefois on associait volontiers la nudité de la peau humaine à la surface nue de la toile des artistes peintres.  Maintenant, avec le body painting (photo ci-dessus), l'épiderme des modèles du nu est devenu le canevas lui-même !  Pour de plus amples informations à ce sujet, visitez mon site VISIONS FANTASMAGORIQUES (www.visionsfantasmagoriques.blogspot.ca), consacré aux arts visuels. 

samedi 9 juillet 2016

LE SEXE EN "SÉRIES" : PLUS POPULAIRE QUE JAMAIS !


Quel est le dénominateur commun des séries télévisées les plus populaires depuis dix ans ?  Je vous le donne en mille : elles contiennent toutes des scènes de nudité, de sexe; fréquemment associées à la violence et à un langage grossier.  De "Sex and the City" jusqu'à "Game of Thrones" (photo ci-dessus), en passant par "Mad Men" et autres "House of Cards", les acteurs se dénudent partiellement ou intégralement en posant des gestes sexuels plus ou moins explicites.  Tout y passe, de la nudité "soft", comme dans la télé-réalité "Adam recherche Ève"; à des émissions nettement plus axées sur l'érotisme ou la pornographie, comme dans "Californication", "True Blood" (photo ci-dessous), ou "Boardwalk Empire".

Bien sûr, le succès de ces productions, généralement très dispendieuses, ne tient pas seulement à cet élément racoleur qu'est le sexe.  Mais c'est un ingrédient non négligeable, qui pimente la recette, et qui est très "vendeur"...  Disons qu'il pique la curiosité des téléspectateurs !  Autrefois très rare au petit écran, la nudité est maintenant assez répandue.  Et on ne parle même pas du déluge de sites internet remplis d'images, de vidéos et de films porno.  Tous ces individus qui regardent ce genre de programmes ou de matériel sont-ils des vicieux ou des voyeurs pour autant ?  Pas forcément, il va sans dire...  Ça dépend des quantités "consommées" et des choix qui sont faits.  Dans ce domaine comme dans bien d'autres, la modération fait foi de tout, entre simple plaisir et dépendance maladive.

Dans mon cas, lorsque je regarde ces séries de télé "à la mode", j'apprécie les scènes "osées" lorsqu'elles sont bien tournées et qu'elles s'insèrent naturellement dans les histoires qui nous sont racontées.  De bons et "beaux" acteurs, une photographie excellente, des décors et des paysages fabuleux, une lumière ou un éclairage approprié, des effets spéciaux formidables, un scénario original : tout concourt à stimuler mon intérêt pour ces séries.  Pas uniquement les épisodes "olé olé".  Ceux-ci doivent être bien "enrobés", au point de vue de la présentation, et de ce qu'ils ajoutent vraiment à l'histoire, que ce soit au grand ou au petit écran.


Nous n'avons pas tous la même sensibilité en ce qui concerne la sexualité dans les différents médias qui nous l'exposent.  Moi, à la télé ou au cinéma, quand je ressens un malaise ou du dégoût à la vue de certaines scènes de viol ou de fétichisme, je pense que l'on va trop loin.  Bien souvent on force trop la note.  Ces scènes sont gratuites, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas nécessaires.  Elles sont parfois inutilement violentes et exagérées.  Elles relèvent davantage du sensationnalisme.  C'est certain que c'est de la fiction, mais on se laisse prendre facilement au jeu des acteurs et à ces histoires captivantes dont les intrigues intenses nous font parfois retenir notre souffle.

À mon humble avis, dans les arts visuels, la violence, qu'elle soit sexuelle ou autre, devrait être évoquée, ou "suggérée" subtilement, plutôt que montrée de façon trop crue...  Coeur trop sensible s'abstenir ?  Je ne crois pas.  Ce n'est pas tant une question de morale ou de moeurs.  Tout dépend de votre conception de l'art comme tel.  Pour moi l'art c'est avant tout de la beauté.  Dans la vraie vie, je trouve la violence laide et condamnable.  La beauté de l'art c'est qu'il peut justement, sans la nier, la rendre moins hideuse grâce à des techniques ou des moyens judicieux.  On dit souvent que les goûts ne se discutent pas.  Je ne suis pas d'accord avec cet adage mais...ce serait trop long de vous expliquer pourquoi !

mercredi 8 juillet 2015

NUDITÉ ET SEXE : LES HOMMES NE PENSENT QU'À "ÇA" ?


On l'a entendu souvent, et on l'entend encore fréquemment : selon les femmes, les hommes ne pensent qu'à "ça".  "Ça" étant ce que l'on appelle de bien des façons, -des plus vulgaires au plus fantaisistes-, mais que l'on désigne plus simplement comme "le sexe" ou "l'acte sexuel".  Dans la logique de ce jugement assez lapidaire de la gent féminine au sujet des "mâles", ces derniers, lorsqu'ils aperçoivent une jolie femme, ne pourraient pas s'empêcher de l'imaginer complètement nue.  Si nous voulions exagérer un peu, on pourrait affirmer que l'instinct sexuel des hommes est tellement fort et dominant que, comme le disait ma vieille mère, sur un ton de reproche mêlé de pitié, le membre viril, de ces pauvres obsédés, ne meurt vraiment que...trois jours après leur enterrement !


Mais, en Occident, cinquante ans après la libération sexuelle des femmes, on peut avancer, sans trop se tromper, que les femmes pensent pas mal à "ça" aussi.  Il suffit de les voir devenir totalement folles et hystériques quand elles vont dans des clubs ou des bars de danseurs nus.  Ou encore quand, au théâtre ou sur scène, un comédien ou un humoriste déguisé en femme, entre-ouvre les jambes lorsqu'il est assis, face au public, vêtu d'une robe...  À entendre les cris des spectatrices et en voyant l'expression béate de leur visage, on se rend alors compte que ces dames sont réellement excitées par...la "chose" !  Peut-être parce qu'ils sont plus habitués à de tels spectacles impliquant de la nudité ou des actes impudiques, les hommes réagissent avec nettement plus de retenu.  Mais il y en a encore beaucoup qui peuvent perdre la tête devant une femme qui dévoile ses charmes.  Ces belles sont conscientes de leur "pouvoir" et elles en profitent pour obtenir bien des faveurs de la part de ces hommes envoûtés et subjugués par leur "sex appeal".  Un peu comme Salomé, qui, jadis, après une danse lascive, avait obtenu du roi Hérode, qu'il lui fasse livrer la tête de Jean le Baptiste sur un plateau d'argent...

Henry Aloysius Hanke, La Gitana, 1936.
D'après des études scientifiques, cette curiosité et cet appétit des humains, pour la nudité et le sexe, sont des phénomènes incomparables.  On a mesuré ce vif réflexe physiologique en examinant les réactions de l'oeil humain à la vue d'un corps nu.  L'oeil le repère ou le remarque en deux dixième de seconde.  Un dixième de seconde plus tard, une série de réactions se déclenchent.  Chez les hommes, une érection peut survenir assez rapidement, non sans avoir été curieusement précédée d'une période «d'attendrissement» ou d'une diminution d'agressivité.  Mais les comportements varient parfois considérablement selon le sexe, la culture ou l'orientation sexuelle.  Les femmes deviennent plus excitées par la description d'activités sexuelles que devant des représentations imagées de la nudité.  C'est le contraire pour les lesbiennes, qui sont même plus stimulées sexuellement, que les hommes, en regardant des photos de femmes nues.  Quant à elles, les femmes hétéro-sexuelles réagissent autant, ou de façon égale, à la vue d'images de nudité, peu importe le sexe de la personne ou des personnes montrées dans leur plus simple appareil.  (À suivre...) 

mercredi 29 octobre 2014

MONICA BELLUCCI : «TOUT PASSE PAR LE SEXE...»


«Tout passe par le sexe, parce que c'est la chose animale qui nous rattache les uns aux autres.»

Monica Bellucci.

La nudité humaine exposée hors du cadre de l'intimité est un sujet controversé.  Il fait l'objet d'un éternel débat entre le bien et le mal.  Il oppose les libéraux plus permissifs aux conservateurs plus moralisateurs.  Où tracer la ligne légale pour déterminer si des personnes nues apparaissant en public; dans des magazines; sur les écrans de nos télévisions, de nos cinémas, de nos ordinateurs ou de nos téléphones intelligents; sont des représentations naturelles, artistiques, érotiques, pornographiques, obscènes, indécentes, criminelles ou relèvent carrément de la prostitution ?  Par exemple, les Femen, qui manifestent, seins nus, dans la rue ou dans les endroits publics, sont-elles des criminelles ?  Et à un autre niveau, faut-il s'inquiéter que de plus en plus de jeunes écoliers, passant beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, s'échangent des "sextos" et des photos montrant leurs ex-copines, ou d'autres jeunes filles mineures, dans leur plus simple appareil ?  Il y a des études scientifiques qui ont été réalisées à ce sujet.  Leurs conclusions sont surprenantes.  Nous en reparlerons.  Mais généralement, comme pour les rapports sexuels, il y a "crime" quand il y a une victime.  Il faut savoir si cette personne a consenti, oui ou non, à une relation sexuelle ou au dévoilement d'images la montrant nue.   


S'il fallait en croire la Bible, le "problème" de la nudité remonte à l'origine de l'humanité.  Dans le livre de la Genèse (chapitre deux, verset 25), après la Création du monde, et du paradis terrestre, il est écrit : «Ils étaient nus tous deux, l'homme et sa femme, sans en avoir honte.»  Mais après avoir mangé du fruit défendu (chapitre trois, verset sept) : «Leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus.»  Même dans l'Église catholique, le phénomène de la nudité a évolué.  Selon les époques, l'imagerie artistique représentant Adam et Ève, les a d'abord montrés nus, puis on a imposé aux artistes de les dessiner en recouvrant leurs parties intimes de feuilles de vignes ou de figuiers.

Même aujourd'hui, le débat continue chez les actrices de cinéma ou de télévision : est-il acceptable ou nécessaire de tourner des scènes de nudité ?Faut-il se plier à l'adage selon lequel, pour réussir à Hollywood, il faut se dévêtir ?  Voici ce qu'en pense l'Italienne Monica Bellucci, qui a posé nue pour les magazines Vanity Fair, Max et GQ : «La nudité ne m'effraie pas parce que, pour moi, rien n'est plus beau que le corps humain.  Le corps peut vous procurer une émotion tellement étonnante.  Dans "Irréversible" (film de Gaspar Noé paru en 2002 et dans lequel elle a tourné des scènes de nudité), j'ai traité mon corps comme si c'était un objet, et c'est formidable quand vous pouvez avoir ce genre de relation avec votre corps.  Ça fait partie de votre travail, c'est un objet, un instrument, avec lequel vous pouvez travailler.  Quand vous pouvez avoir ce genre de liberté avec votre corps, c'est à ce moment que vous êtes à votre mieux en tant qu'actrice.»  On lui demande parfois si c'est difficile de jouer ce genre de scène, comme c'est arrivé dans un film où on la voit faire l'amour à une autre femme : «Cela dure une minute et demie», répond-t-elle en riant.  «C'est du jeu.  Jouer, ce doit être généreux.  C'est une ouverture, une compassion pour le genre humain.  Quand on admet tous les débordements, on peut tout jouer.»


Ça peut sembler facile pour Monica Bellucci de s'exprimer ainsi, elle qui a aussi joué le rôle de Marie-Madeleine dans La Passion du Christ (Mel Gibson, 2004).  Surtout, comme le ferait remarquer le commun des mortels, quand on a été désignée plusieurs fois la femme la plus sexy (selon la revue FHM en 2008), la plus désirable (AskMen, 2002) ou la plus belle au monde...  C'est peut-être plus facile de tourner des scènes osées quand on aime prendre des risques ou qu'on est Italienne comme elle.  Les femmes de ce pays ont la réputation d'être naturellement sensuelles.  D'ailleurs, Monica Bellucci, qui voyage beaucoup à travers le monde, affirme qu'elle peut reconnaître une Italienne partout, rien qu'en observant sa démarche...

Dans mon prochain billet, on verra que bien d'autres jolies actrices, aussi célèbres qu'elle, ne sont pas du même avis, et qu'elles refusent de se montrer à l'écran dans leur costume...d'Ève !